US Indymedia Global Indymedia Publish About us
Printed from Boston IMC : http://boston.indymedia.org/
Boston.Indymedia
IVAW Winter Soldier

Winter Soldier
Testimonies
Brad Presente

Other Local News

Spare Change News
Open Media Boston
Somerville Voices
Cradle of Liberty
The Sword and Shield

Local Radio Shows

WMBR 88.1 FM
What's Left
WEDS at 8:00 pm
Local Edition
FRI (alt) at 5:30 pm

WMFO 91.5 FM
Socialist Alternative
SUN 11:00 am

WZBC 90.3 FM
Sounds of Dissent
SAT at 11:00 am
Truth and Justice Radio
SUN at 6:00 am

Create account Log in
Comment on this article | View comments | Email this article | Printer-friendly version
News :: Globalization
Surpopulation et paupérisation
26 Jul 2014
Classes laborieuses et classes dangereuses, oui, mais pour les pauvres...
" Les fous ! Me laisser seul avec moi-même, eux qui me déconseillaient les mauvaises fréquentations ! "

Pierre François Lacenaire ( guillotiné en 1836 ) via le fameux film "Les enfants du paradis"

Encore une abstraction méphitique
De l'équité en paraphysique
Mais depuis que les espèces sont apparues
En voilà 99 pour cent déjà disparues
Comme 5 pour cent de l'ADN seulement
Chez l'humain a une fonction connue
95 pour cent, le reste, est non codant
Sans le savoir, qui l'aurait cru ?
Et puis même avec le chou
Nous avons 40 pour cent en commun, c'est fou
Avec la souris c'est 85 pour cent
Avec le grand singe chimpanzé, c'est au moins 95 pour cent
De séquences génétiques en commun
Tout ce qui vit est forcément cousin !
Et finalement, à part les psychopathes
Qui ne furent pas aimés, qui furent humiliés
Aucun être humain n'aime tuer
En voici quelques cartes
Pendant la guerre du Vietnam, c'est scotomisé
Pour chaque ennemi tué
Chaque soldat américain utilisa 50.000 cartouches
Donc, très très peu firent mouches
Pendant la guerre de 1940, c'est surprenant
1 soldat américain sur 5, sur l'ennemi, tira réellement
Sans compter le syndrome du stress post-traumatique
Car aucune guerre n'est empathique !
Maintenant c'est la guerre de la pollution généralisée
Dans le monde 300 millions d'asthmatiques
Polluants tous genres, bien variés
Allergène est aussi ma paraphysique
Comme les poils de chiens et de chats
Acariens, moisissures, tout un plat
Car le monde est trop propre, aseptisé
Et notre système immunitaire
Ne sait plus s'adapter, ne sait plus y faire
Et choc anaphylactique à la moindre poussière
Feu ( 1879-1962 ) Henri Wallon
Et son ( 1931 ) stade du miroir
Pour s'identifier, son soi, se voir
N'empêche pas de tourner en rond
De se poser de mauvaises questions
Ni ( 1970 ) le test du miroir ( né en 1941 ) de Gordon G Gallup
Cétacés, éléphants, chimpanzés, corvidés
Et autres bêtes oubliées, affreuses ou pin-up
Le même lien, boire, manger, copuler
Hélas, la surpopulation
Rime avec oppression et répression
Comme la paupérisation
Rime avec la contre-révolution
Comme les toxicomanes, les drogués
Qui n'importe qui peuvent voler
Certes, il ne faut pas en faire une généralité
Surtout, à la police, ils peuvent indiquer
Ce sont ( comme dans le film ) des " Lacombe Lucien "
Pour le fascisme libéral, c'est très bien
Si peu politisés, surtout si peu informés
Que toute dictature sait bien utiliser !
La pauvreté est du côté le plus fort
Facilement achetable, elle pue la mort
C'est l'armée de réserve de tout fascisme
Tout autant que l'ordinaire du fascisme
La pauvreté ne rend pas intelligent
Par le bas, c'est le nivellement
Elle rend idiot, violent, méchant
Ainsi, un noir pauvre
Est encore plus noir
Mais un noir riche
Devient blanc et n'est plus noir
Ainsi, un blanc pauvre
Est comme un noir
L'argent blanchit
La pauvreté noircit
Classes laborieuses
Classes dangereuses
Mais entre pauvres uniquement
Pas pour les riches, paradoxalement
Bref, la surpopulation et la paupérisation
Sont pour tout fascisme, une bénédiction !
Forcément, les pauvres ont des femmes à problèmes
Pour les riches, belles femmes faussement amènes
Et puis, c'est le retour de l'ordre moral
Plus aucune place pour l'esprit marginal
Il faut se conformer
A toutes sortes d'imbécillités
Pour baiser, pour manger, et surtout pour travailler
Ou alors tu peux crever !
Ce sont les riches qui sont solidaires
Les pauvres, eux, se font la guerre
Je l'écris, tant pis, cela va encore déplaire
Pas étonnant, dans ce temps si réactionnaire !
Et même chez des libertaires
Qui sont de parfaits autoritaires
Sans s'en rendre compte, toujours en compétition
Le sens inverse de toute vraie révolution
Ni inférieur, ni supérieur, à qui que ce soit
Voilà ma seule profession de foi !
Je ne peux rien t'apprendre que tu ne saches déjà
Mais il faut l'appliquer, c'est tout, voilà
Et la culture, les arts, la science, et tout le toutim, des bourgeoisies
Je m'en fiche bien, tout cela n'est pas l'anarchie
Tout cela n'est pas la vie !

" A mon tour il faut que j'éventre
la vie afin de m'y vautrer
Qu'elle sente que je lui rentre
la pointe de mon coeur outré !

Jacques Audiberti ( 1899-1965 )

Plus aucune nation
Plus aucune patrie
Plus aucun parti
Plus aucune religion
Plus aucune idéologie
Plus aucune frontière
Plus aucun conflit
Aucune propriété et donc aucune guerre
Si nous voulons sur Terre, un jour, la vie !
Feu ( 1931-1989 ) Thomas Bernhard qui détestait les diplômes
Avait bien compris la supercherie
Une licence ou un doctorat, ce binôme
Ne récompensant qu'une infime petite partie
Dans tel ou tel domaine
Mais tout le reste est à la peine
C'est d'une infinie prétention
Et même sur une seule spécialité, c'est totale réduction !
Les étudiants et étudiantes sont complices
De cette farce qui met la modestie au supplice
Et puis le véritable étudiant
C'est toute sa vie, où l'on est, où l'on va
Et pas après le parchemin, on arrête tout
Cela cache son ignorance, et c'est tout !
Vive l'autodidacte, un ami
Basta l'étudiant, c'est un ennemi
Comme moi, tu sais que dalle, mon pote
Sur ton infatuation, je rote !
L'université
Le système ne fait que perpétuer
C'est l'assurance de sa pérennité
De ce monde, l'ouvrier est méprisé
Comme le conflit de territorialité
Entre Israêl et Palestine, encore la propriété
Il serait pourtant si simple de tout partager
Et d'en finir avec toutes les nationalités
Il faut pour cela, une totale mutation des mentalités !

Patrice Faubert ( 2014 ) puète, peuète, pouète, paraphysicien ( http://patrice.faubert.over-blog.com/ ) Pat dit l'invité sur " hiway.fr "

“Them insane! To only leave me with myself, them which disadvised the bad companies to me! ”

Pierre François Lacenaire (guillotined in 1836) via the famous film “children of the paradise”

Still a mephitic abstraction
Equity into paraphysic
But since the species appeared
In here are 99 percent already disappeared
Like 5 percent of the DNA only
At the human one has a known function
95 percent, the rest, are not coding
Without the knowledge, which would have believed it?
And then even with cabbage
We have 40 joint percent, it is insane
With the mouse it is 85 percent
With the large monkey chimpanzee, it is at least 95 percent
Genetic sequences jointly
All that lives is inevitably cousin!
And finally, except for the psychopaths
Who were not loved, who were humiliated
No human being likes to kill
Here are some cards
During the war of the Viêt - Nam, it is scotomisé
For each killed enemy
Each American soldier used 50,000 cartridges
Therefore, very very little made flies
During the war of 1940, it is surprising
1 American soldier out of 5, on the enemy, really drew
Not counting the syndrome of the post-traumatic stress
Because no war is empathic!
Maintaining it is the war of generalized pollution
In the world 300 million asthmatic
Pollutants all kinds, varied well
Allergen is also my paraphysique
Like the hairs of dogs and cats
Acarina, moulds, a whole dish
Because the world too clean, is asepticized
And our immune system
Cannot adapt any more, cannot make there any more
And shock anaphylactic with least dust
Fire (1879-1962) Henri Wallon
And its (1931) mirror stage
To be identified, its oneself, to see themselves
Prevented not from turning in round
To have bad doubts
Nor (1970) the test of the mirror (born in 1941) of Gordon G Gallup
Cetacea, elephants, chimpanzees, corvidés
And other forgotten, dreadful animals or pin-up girl
The same link, drinking, to eat, copulate
Alas, overpopulation
Rhyme with oppression and repression
Like impoverishment
Rhyme with the counter-revolution
Like the drug addicts, the drug addicts
Who no matter who can fly
Admittedly, one should not make a general information of it
Especially, with the police, they can indicate
It is (as in the film) of “Lacombe Lucien”
For liberal Fascism, it is very well
If little politicized, especially if not very informed
How any dictatorship can use well!
Poverty is side most extremely
Easily purchasable, it stinks death
It is the reserve army of any Fascism
Very as much as the ordinary one of Fascism
Poverty does not make intelligent
By bottom, it is levelling
It makes idiotic, violent, malicious
Thus, a poor black
Is even blacker
But a rich black
Becomes white and is not black any more
Thus, a poor white
Is like a black
The money bleaches
Poverty blackens
Working classes
Dangerous classes
But between the poor only
Not for the rich person, paradoxically
In short, overpopulation and impoverishment
Are for any Fascism, a blessing!
Inevitably, the poor have women with problems
For the wrongfully pleasing rich person, beautiful women
And then, it is the return of the moral order
More no place for the marginal spirit
It is necessary to conform
All kinds of stupidities
For kissing, to eat, and especially to work
Or then you can burst!
They are the rich person who are interdependent
The poor, them, are made the war
I write it, so much worse, that still will displease
Not astonishing, in this time if reactionary!
And even at libertarians
Who are the perfect authoritative ones
Without realizing it, always in competition
The opposite direction of all true revolution
Neither inferior, nor superior, with anyone
Here is my only profession of faith!
I can nothing teach you that you do not know already
But it is necessary it to apply, it is all, here
And culture, arts, science, and all the toutim, of the bourgeoisies
I don't care well, all that is not anarchy
All that is not the life!


“For my turn it is necessary that I break
life in order to wallow there me
That it feels that I return to him
the point of my outraged heart!


Jacques Audiberti (1899-1965)


More no nation
More no fatherland
More no party
More no religion
More no ideology
More no border
More no conflict
No property and thus no war
If we want on Earth, one day, life!
Fire (1931-1989) Thomas Bernhard which hated the diplomas
Trickery had understood well
A licence or a doctorate, this binomial
Rewarding only one negligible small portion
In such or such field
But all the rest is with the sorrow
It is of an infinite claim
And even on only one speciality, it is total reduction!
The students and student are accessory
Of this joke which puts modesty at the torment
And then the true student
It is all its life, where one is, where one goes
And not after the parchment, one stops all
That hides its ignorance, and it is all!
Live the autodidact, a friend
Enough the student, it is an enemy
Like me, you know that flagstone, my pal
On your infatuation, I rote!
The university
The system does nothing but perpetuate
It is the insurance of its perenniality
This world, the blue-collar worker is scorned
Like the conflict of territoriality
Between Israêl and Palestine, still the property
It would be so simple all to however share
And to finish some with all nationalities
It is necessary for that, a total change of mentalities!

Patrice Faubert (2014) puète, peuète, pouète, paraphysician (http://patrice.faubert.over-blog.com/) Stalemate says the guest on “hiway.fr”

This work is in the public domain
Add a quick comment
Title
Your name Your email

Comment

Text Format
Anti-spam Enter the following number into the box:
To add more detailed comments, or to upload files, see the full comment form.

Comments

paupérisation
28 Jul 2014
Click on image for a larger version

black white.png
Capitalisme et racisme

Genèse d’une idéologie reactionnaire


Il est difficile pour la plupart des individus d’accepter que la haine et les antagonismes raciaux, phénomènes aujourd’hui omniprésents, n’aient pas toujours fait figure de traits permanents de la société humaine. Or, le concept même de la « race » ainsi que l’idéologie et la pratique du racisme sont relativement mo-dernes.

Le racisme comme idéologie est une forme de déterminisme biologique, et repose sur l’idée que différentes populations humaines (« races ») auraient des capa-cités différentes en raison de leur constitution génétique. Immanquablement, les catégorisations de cet acabit ont pour objectif de rationaliser une hiérarchie sociale existante.

Le concept des « races », plutôt que d’être basé sur la réalité physique, est, dans son ensemble, une construction purement idéologique. Au vu des recherches du dernier demi-siècle, les biologistes sont arrivés à la conclusion qu’il n’existe aucun moyen scientifique pour catégoriser les êtres humains selon leur « race ». Ce qui passe pour des « races » distinctes (européenne, africaine et asiatique) sont en réalité des divisions arbitraires de l’humanité selon la couleur de la peau et d’autres traits physiques anecdotiques.

Les généticiens s’accordent pour dire que quelques 75 pour cent des gènes sont identiques en chaque être humain. De la part restante, responsable de toute variation génétique :

« 85 pour cent se révèle être partagés entre individus à l’intérieur d’une même population, tribu ou nation localisée ; un autre 8 pour cent, entre tribus ou nations à l’intérieur de l’une des “races” princi-pales ; et le 7 pour cent qui reste entre les “races” principales. Ce qui veut dire que la variation génétique entre tel Espagnol et tel autre représente 85 pour cent de toute la variation génétique humaine…. »
—Stephen Rose et cie., Not In Our Genes

Alors que dans cette société la xénophobie et le racisme semblent être des phénomènes naturels, ils sont des créations entièrement sociales. « La génétique est le contrepied du racisme » écrit D. Van Arkel :

« Tout ce concept de race nordique, notamment, se volatilise si le fait d’avoir des yeux bleus et des cheveux blonds n’est rien de plus que le résultat d’une sélection naturelle faisant prévaloir les caractères récessifs. Dans des régions avec un manque relatif de soleil, dans un contexte de carence nutritionnelle, les personnes à peaux les plus pigmentées connaissaient un risque supplémentaire de développer le rachitisme, ce qui, dans le cas des femmes, en déformant leur bassin osseux, leur rendait l’accouchement impossible. C’est un cas tout simple de la survie, normale au regard de l’évolution, d’une mutation complémentaire, qui n’influe en rien sur d’autres caractères génétiques. Les groupes sanguins et la capacité à sentir le goût du PTC (phénylthiocarbamide), deux caractères décidés par ses gènes, sont des critères tout aussi pertinents pour classifier les individus que la couleur de peau ou la forme des cheveux. Or, ils changeraient radicalement la distribution “raciale” de l’humanité. »
—Racism and Colonialism, Robert Ross (rédacteur).



Race : une réalité sociale

L’absence d’une quelconque base scientifique pour distinguer une « race » d’une autre ôte tout son sens à ce concept. Or, cette réfutation par la biologie ne change pas la réalité sociale. Comme souligna Richard Fraser, trotskyste américain aguerri, dans « La lutte des noirs et la révolution prolétarienne » (« The Negro Struggle and the Proletarian Revolution »), document écrit dans les années 1950 et récemment réédité, la race demeure « une réalité en dépit du fait que la science révèle qu’elle n’existe pas ». Fraser écrivit que « Le concept de la race n’a plus droit d>être cité dans la science biologique. Mais la race en tant que pierre angulaire de l’exploitation se survit. La race est une relation sociale et a une réalité uniquement sociale ».

Le racisme a ses racines dans le développement historique du capitalisme comme système mondial. Il s’est avéré à travers plusieurs siècles un outil utile et flexible pour les classes possédantes. Il a fourni la justification pour les guerres brutales de conquêtes et de génocides, qui ont établi les empires coloniaux européens. Il a rationalisé la traite des esclaves, qui a produit l’accumulation primitive de capital nécessaire à la révolution industrielle.

Aujourd’hui le racisme sous ses formes variées demeure un important soubassement idéologique pour les élites capitalistes, fournissant une justification pour l’oppression barbare des minorités. Par exemple, le racisme « explique » pourquoi les noirs aux Etats-Unis n’arrivent pas à obtenir une part de l’« American Dream » génération après génération. Il peut servir pour « expliquer » pourquoi le capitalisme japonais a eu beaucoup plus de succès que celui de ses rivaux européens et nord-américains. Les arguments mis en avant par les racistes, qu’il s’agit des divagations psychotiques d’un skin du lumpenprolétariat ou de l’érudition pseudo-scientifique « objective » d’un professeur de Harvard, sont formulés pour détourner la colère populaire des opérations d’un système capitaliste irrationnel et putride et la braquer sur un vague groupe d’« étrangers ».

Le racisme s’est révélé un élément constitutif et nécessaire pour le bon fonctionnement de la société capitaliste pour diverses raisons. En premier lieu, il constitue l’un des axes essentiels sur lesquels on peut diviser la classe ouvrière, en incitant une partie du prolétariat à s’identifier aux exploiteurs. Cela freine le développement d’une conscience de classe et mine l’unité nécessaire pour menacer la domination capitaliste. La classe ouvrière de tous les pays impérialistes est tellement intoxiquée par le chauvinisme et le racisme (lesquels sont promus également par les dirigeants pro-capitalistes au sein du mouvement ouvrier) qu’en période « normale », les travailleurs assimilent souvent leur intérêt à celui de leurs « propres » oppresseurs et exploiteurs plutôt qu’à celui des travailleurs d’autres pays.

En deuxième lieu, le racisme, tel que d’autres formes de déterminisme biologique, a une fonction idéologique essentielle. La bourgeoisie a instauré son ascendant sous la ban-nière de « Liberté, Egalité, Fraternité ». Mais pour des centaines de millions de personnes la réalité quotidienne se résume à la souffrance, l’oppression et la pauvreté. Même dans les pays capitalistes soi-disant avancés il y a une désillusion croissante à l’égard du processus électoral, la plupart des adultes reconnaissant que l’« égalité » des urnes ne se différencie en rien de l’« égalité » du marché—chaque euro est égal, et les grands groupes raflent la mise. Les racistes n’ont pas l’obligation gênante de prouver que la société capitaliste est égalitaire. Au lieu de cela, ils affirment ouvertement que les inégalités de la société de classe reposent sur des distinctions d’ordre naturel.



Le racisme à travers l’histoire

Le racisme n’a pas son origine dans une source unique, mais plutôt dans une conjugaison de plusieurs fils du développement historique qui se sont soudés en une idéologie avec une puissance de persuasion considérable. Le racialisme a mis à contribution des préjugés culturels et nationaux, ainsi que des croyances précapitalistes sur la nature et les hiérarchies, croyances adaptées graduellement à des développements économiques et sociaux nouveaux.

On s’entend généralement pour dire que les civilisations méditerranéennes de l’Antiquité furent « daltoniennes » :

« Les Grecs et les Romains ne stigmatisaient pas spécialement les gens de différentes couleurs, considérant les cheveux blonds ou les yeux bleus comme ne tenant qu’à un simple accident géographique, et n’ont pas développé de théorie raciale spéciale sur l’infériorité de personnes à peau plus foncée en tant que personnes à peau plus foncée. H.L. Shapiro fait remarquer que “l’homme moderne est conscient des races d’une façon, et à un degré, qui au-trefois ne lui étaient pas caractéristiques”, et souligne que dans des temps plus anciens la ca-pacité à remarquer des différences physiques évidentes n’a pas résulté en “une orientation entortillée de toutes les relations humaines en fonction d’un cadre de référence rigide”. »
—Frank M. Snowden Jr., Blacks in Antiquity, 1970

Les sociétés esclavagistes des Anciens étaient oppressives et souvent xénophobes. Ce qui n’empêche que le concept de la « race », tel qu’on l’entend généralement aujourd’hui, leur était complètement étranger. Le statut d’esclave dans ces sociétés n’était pas décidé par la couleur, mais essentiellement par le succès militaire : on asservissait les peuples conquis.

Les maîtres de l’Europe médiévale étaient eux aussi essentiellement « daltoniens ». La religion faisait office de pierre de touche pour le monde médiéval : on a lancé les croisades contre des infidèles, et non contre des Arabes. Des guerres similaires contre « païens » et hérétiques ont été menées partout en Europe, comme par exemple les campagnes des Chevaliers teutoniques du 13ème au 15ème siècle pour écraser les Prussiens (Slaves baltiques non chrétiens), ou bien la croisade du pape Innocent III contre les Albigeois.



Antisémitisme : pionnier du racisme

L’antisémitisme, une expression idéologique des intérêts économiques de la classe capitaliste naissante dans la société médiévale, fut le pionnier du racisme. Dans l’Europe féodale des débuts, l’échange international était principalement l’affaire de juifs qui entretenaient des liens commerciaux avec le Proche-Orient. A partir du douzième siècle les négociants juifs ont été supplantés par des chrétiens et contraints au prêt à intérêt (l’« usure »—activité dans laquelle les négociants chrétiens ne pouvaient pas, en théorie, se complaire) et à d’autres activités plus marginales. Abraham Léon (jeune militant belge trotskyste qui a péri dans la shoah) a fait remarquer que l’antisémitisme s’est développé en conjonction avec l’accroissement de l’activité capitaliste au sein de la société féodale :

« L’expulsion définitive des Juifs a lieu à la fin du XIII° siècle en Angleterre; à la fin du XIV° siècle en France; à la fin du XV° siècle en Espagne. Ces dates reflètent la différence de l’allure du développement économique de ces pays…
« Le féodalisme cède progressivement la place au régime échangiste. Par voie de conséquence, le champ d’activité de l’usure juive se rétrécit cons-tamment. Elle devient de plus en plus insupportable parce que de moins en moins nécessaire. »
« … les Juifs sont expulsés progressivement de tous les pays occidentaux. C’est un exode des pays plus développés vers les pays arriérés de l’Europe orientale. La Pologne, plongée en plein dans le chaos féodal, devient le refuge principal des Juifs chassés de partout ailleurs. »
—Abraham Léon, La conception matérialiste de la question juive

L’antisémitisme s’est avéré tenace comme forme de racisme, et un de ceux qui ont nourri (et s’est nourri de) presque toute les formes plus récentes. Il a établi une façon de voir le monde qui a été transposée lors de l’ère de l’expansion coloniale européenne.

Dans l’Angleterre élisabéthaine les idées et images du racisme étaient partiellement développées. Cela se reflète dans l’attitude plutôt ambivalente de Shakespeare envers la race. Dans le Marchand de Venise, Shylock, l’usurier juif, fait figure de méchant. Othello, Maure noir, est peint de façon méliorative comme être humain éloquent, intelligent et pondéré. On laisse entendre que la chute d’Othello tiendrait peut-être à sa nature mauresque passionnée et lunatique, mais cette présentation est contrebalancée par une autre, qui met en lumière d’autres aspects plus complexes de son caractère :

« quand vous raconterez ces faits lamentables, parlez de moi tel que je suis ; n’atténuez rien, mais n’aggravez rien. Alors vous aurez à parler d’un homme qui a aimé sans sagesse, mais qui n’a que trop aimé ! D’un homme peu accessible à la jalousie, mais qui, une fois travaillé par elle, a été entraîné jusqu’au bout ! D’un homme dont la main, comme celle [de l’Indien] immonde, a jeté au loin une perle plus riche que toute sa tribu ! »
—Othello, acte V, scène II, traduction de Victor Hugo

On imagine difficilement un écrivain victorien qui créerait un personnage noir aussi com-plexe qu’Othello. Les stéréotypes pouvaient alors être violemment dénigrantes ou bien d’une bienveillance condescendante, or les toutes présupposaient que la biologie détermine le destin, aussi bien pour les individus que pour les « races ».



Le capitalisme et l’esclavage

A partir du milieu du 19ième siècle le racisme assumé avait intégré l’orthodoxie académique. La conscience racialiste en Europe s’est répandue en conséquence directe de l’expansion coloniale et la demande consécutive de main-d’œuvre bon marché pour les plantations. L’esclavage, ressuscité pour exploiter les ressources du nouveau monde, a persisté pendant la plus grande partie du 19ème siècle aux Etats-Unis. L’essentiel du nombre restreint d’Européens ayant fini semi-esclaves dans le nouveau monde avaient perdu leur citoyenneté en raison d’infractions mineures. La demande pour une main-d’œuvre esclave n’a pas été satisfaite dans les métropoles des puissances coloniales, en grande partie parce que les classes dominantes craignaient le trouble social qui en résulterait. On a fini par mettre à contribution la surpopulation de paysans européens, établissant ainsi l’esclavage salarié, tandis que les peuples indigènes d’Afrique et d’Amérique du Sud, dont la peau plus foncée servait de marque identificatrice indélébile, ont fourni la solution aux pénuries de main-d’œuvre dans le nouveau monde.

Bien entendu, l’esclavage demandait une justification idéologique, car il allait à l’encontre à la fois des enseignements chrétiens formels et des idées sur les ina-liénables « droits de l’homme » prônées par les Lumières et les idéologues du marché :

« Les esclaves occupaient une position inférieure sur le plan économique. De fil en aiguille, la société esclavagiste blanche a bâti une muraille de couleur : que ce n’était pas la mode de production esclavagiste qu’on devait haïr, mais l’esclave : que la raison pour laquelle la peau noire était la marque de l’esclave était qu’elle était avant tout la marque d’une infériorité sur le plan humain.
« De cette manière, le problème de classe posé par l’esclavage a été compliqué et embrouillé par la question de la couleur. Les esclaves, en plus d’être une classe sociale exploitée, sont devenus, dans la pensée pervertie de la so-ciété dominante, une race inférieure. »
—Richard Fraser, « The Negro Struggle and the Proletarian Revolution »

Bien qu’il soit difficile de dater avec précision l’apparition de cette nouvelle idéologie raciale, il est clair qu’une explosion de telles idées s’est produite au 16ème siècle. Ashley Montagu a fait l’observation qui suit dans son livre Man’s Most Dangerous Myth: The Fallacy of Race [Le plus dangereux mythe de l’humanité : la contrevérité de la race] :

« Une étude des documents des marchands d’esclaves anglais et américains remontant aussi loin dans le passé que le 18ème siècle sert également à montrer que…bon nombre de ces hommes carrés et désabusés ont donné acte de leur croyance que leurs victimes étaient souvent, et de façon bien manifeste, aussi intelligentes qu’eux, et supérieures à beaucoup de chez eux.
« Ce n’a été que lorsque des voix ont commencé à s’élever contre l’inhumain trafic des esclaves, et que lorsque ces voix ont pris la forme d’hommes et organisations influents que, sur la défensive, les tenants de l’esclavagisme ont été forcés à se fouiller pour trouver des raisons d’ordre différent pour esquiver les arguments fâcheux de leurs adversaires. »

L’influence, la clarté et la sophistication de ces « raisons » se sont accrues au cours des prochains siècles, tant et si bien qu’au 19ème siècle on s’entendait généralement pour dire que la « race » était le déterminant-clé de l’histoire humaine. En attribuant le succès du colonialisme européen à la sanction divine (ou, après Darwin, à la « sélection naturelle »), les idéologues de l’empire ont infusé aux colonialistes de la confiance et de la conviction morale. Parallèlement, des missionnaires ont sapé la volonté de résister des victimes avec le précepte de « tendre l’autre joue » aux conquistadors et maîtres.

Alors qu’un seigneur féodal ne se serait presque certainement jamais avisé de différencier ses sujets en fonction de leur couleur de peau ou leur type de cheveux, à l’époque des vastes empires internationaux, la catégorisation par race faisait figure d’explication logique à l’ordre du monde. La croyance en l’identité, la pu-reté et la mission raciales était un élément vital de la « mentalité du laager » qui régnait parmi les coloniaux isolés et en petit nombre relativement aux in-digènes. En 1890, par exemple, 300 millions d’Indiens étaient régentés par tout juste 6 000 administrateurs britanniques, appuyés par seulement 70 000 soldats.

L’idéologie de l’empire présentait un tableau d’un colon humain, industrieux et intelligent apportant les bienfaits de la civilisation moderne à des peuples qui, pour la plus grande partie, ont été peints comme féroces, lâches, fainéants et stupides. Même lorsqu’on prêtait à des non-Européens quelques traits de caractère positifs, on couplait fatalement ceux-ci à des défauts rédhibitoires et des faiblesses intrinsèques. Le poème célèbre de 1899 de Rudyard Kipling saluant le viol américain des Philippines engage l’Oncle Sam à se joindre à John Bull pour :

« [reprendre] ton [c-à-d l’homme blanc] lourd fardeau :
Envoie au loin ta plus forte race,
Jette tes fils dans l’exil
Pour servir les besoins de tes captifs ;
Pour – lourdement équipé – veiller
Sur les races sauvages et agitées,
Sur vos peuples récemment conquis,
Mi-diables, mi-enfants. »

http://www.bolshevik.org/