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News :: Globalization
Discours de Jean Rostand
14 Jun 2015
La responsabilité morale du savant dans le monde moderne...
Extrait idiosyncrasique d'un discours de feu Jean Rostand (1894-1977) qui fut prononcé le 15 novembre 1968 à la Mutualité à Paris. Des extraits en furent lus à Europe 1 par feu Georges Brassens (1921-1981), qui en recommanda la lecture. Feu Jean Rostand fut l'un des plus grands savants français, et en autres choses diverses, fut aussi le poète des crapauds et des grenouilles, comme feu J.H. Fabre (1823-1915) fut le poète des insectes, et n'oublions pas qu'il y a 200 millions d'insectes par individu, et j'ai donc eu la chance de correspondre avec feu Jean Rostand lorsque j'étais jeune, à une époque où je m'intéressais grandement à l'erpétologie.

Long extrait d'un discours de feu Jean Rostand

" Chers amis

Comment peut-on être Persan? s'écriait-on au siècle de Montesquieu. Moi, je dirais volontiers aujourd'hui : Comment peut-on ne pas être citoyen du monde? Quand on voit les atrocités, les injustices, les exactions commises au nom de l'idole patrie; quand on voit à quelles sanglantes impasses conduisent tous les nationalismes; quand on voit comment, pour un peu de pétrole, de cobalt, ou d'uranium, les sentiments les plus élémentaires d'humanité se trouvent bafoués; quand on voit comment les exigences de l'égoïsme sacré font bon marché de la vie et de la dignité humaine, s'il s'agit d'assurer la possession d'une matière première ou d'une zone d'influence, quand on voit les sommes fabuleuses gaspillées pour des armements qui ne serviront jamais, ou qui, si par malheur ils servaient, mettraient en péril l'espèce entière, autrement dit, quand on voit les peuples se ruiner, ou pour rien, ou pour leur suicide : quand on songe qu'avec ces dépenses militaires on pourrait créer partout l'abondance annoncée par Jacques Duboin, résoudre tous les problèmes économiques et sociaux - à cause desquels le monde est divisé en blocs antagonistes ; quand on songe à tout ce que la science , la médecine, la culture, la démocratie pourraient gagner à une pacification du monde qui libérerait tant de puissance et d'énergie, absorbées jusqu'ici par l'oeuvre de mort; comment ne pas rêver, tout au moins, d'une humanité sans frontières et capable enfin de se consacrer à des tâches non plus mesquinement nationales, mais planétaires.

Le spectacle que donne présentement le monde n'est pas fait pour rassurer les amis de la paix. Jamais, il n'a paru plus désuni et plus éloigné de l'union. Partout flambent les nationalismes, les chauvinismes, les racismes, les fanatismes.

Partout règnent en maître l'esprit de rivalité, la volonté de domination, la sauvagerie des soi-disant civilisés.

Armer l'esprit de l'enfant pour que sa main n'ait plus à être armée : voilà une belle formule. Oui, débarrasser, purger les manuels scolaires de tout ce qui peut nourrir les funestes séparatismes; épargner aux collégiens le sinistre récit des batailles; se garder de leur détailler les beautés de la stratégie napoléonienne, leur faire comprendre qu'un boucher sur un trône n'en est pas moins un boucher et que les arcs de triomphe et les colonnes Vendôme ne sont que des reliques d'une proche barbarie : les initier aux découvertes scientifiques et aux progrès de la justice, plus qu'aux prouesses meurtrières; les pénétrer de cette notion qu'aucune guerre n'est belle, qu'aucune victoire n'est glorieuse - puisque les Te Deum se chantent sur les charniers, leur enseigner dès le plus jeune âge qu'aucun peuple ne vaut plus qu'un autre, qu'aucune race n'est supérieure à une autre, qu'aucune patrie ne s'est au cours des temps noblement conduite plus qu'une autre; leur montrer qu'il n'est pas d'histoire nationale qui ne soit un tissu de férocités et de félonies; bannir des programmes tout ce qui peut contribuer à mettre dans l'esprit des jeunes un sentiment de primauté nationale, en quelques domaine que ce soit ; matériel, spirituel, moral.

Un de mes amis, professeur d'histoire, me citait naguère, le mot d'un écolier, qui venait de recevoir son livre d'histoire; " J'ai reçu mon livre de guerre " . Et bien, nous ne voulons plus que les livres d'histoire soient des livres de guerre.

Pour moi, être pacifiste, ce n'est pas forcément être prêt à tout sacrifier à la paix, mais c'est quand même être capable de lui sacrifier beaucoup de choses et à quoi l'on tient.

C'est voir obstinément en toute guerre la gigantesque erreur judiciaire que fait la somme des peines capitales infligées à tant d'innocents; c'est ne pas consentir aux grossières simplifications et falsifications que diffusent les propagandes pour attiser les haines ; c'est refuser d'égrener le chapelet des slogans de commande et des calomnies de consigne; c'est ne pas clamer qu'on veut la paix quand on fait le jeu des fanatismes qui la rendent impossible; c'est dénoncer sans relâche l'atrocité, l'ignominie de la guerre, mais se garder d'imputer à l'un des belligérants des atrocités hors série; c'est s'interdire de dénoncer d'un côté ce qui se fait ou se ferait aussi du côté adverse; c'est condamner, dans tous les camps; les jusqu'au-boutismes et les intransigeances; c'est s'affliger quand, pour quelque cause que ce soit, on voit un fusil entre les mains d'un enfant; c'est être obsédé par les fantômes de tous ceux qui sont morts pour rien; c'est préférer que les réconciliations devancent les charniers; c'est n'être jamais sûr d'avoir tout à fait raison quand on souscrit à la mort des autres...

Un monde uni ne pourra être bâti que par des hommes et des femmes ayant au coeur ce pacifisme-là . "

Jean Rostand ( 1968 )



Patrice Faubert (2012) pouète, peuète, puète, paraphysicien ( http://patrice.faubert.over-blog.com/ ) Pat dit l'invité sur " hiway.fr "


Extract of a fire idiosyncratic speech Jean Rostand (1894-1977) which was pronounced November 15, 1968 at the Mutualité in Paris. Excerpts were read in Europe 1 by the late Georges Brassens (1921-1981), who recommended reading. Jean Rostand Fire was one of the greatest French scholars, and various other things, was also the poet toads and frogs, like the late JH Fabre (1823-1915) was the poet of insects, and do not forget that there are 200 million insects per individual, and so I had the chance to correspond with the late Jean Rostand when I was young, at a time when I am greatly interested in erpétologie.

Long excerpt from a fiery speech Jean Rostand

"Dear friends

How can one be Persian? exclaimed be the century of Montesquieu. I would gladly today: How can we not be a citizen of the world? When we see the atrocities, injustices, abuses committed in the name of homeland idol; when you see what bloody stalemates lead all nationalisms; when we see how, for a bit of oil, cobalt or uranium, the most elementary sentiments of humanity are violated; when we see how the requirements of sacred egoism are cheap life and human dignity, whether it is to ensure the possession of a commodity or area of ​​influence, when sees the fabulous sums wasted on weapons that will never be used, or, if unfortunately they served, would threaten the entire species, in other words, when you see people breaking the bank, or for nothing, or for suicide: when one considers that with these military spending could be created everywhere abundance announced by Jacques Duboin solve all economic and social problems - because of which the world is divided into opposing blocs; when you consider all that science, medicine, culture, democracy could benefit from a pacification of the world would release so much power and energy hitherto absorbed by the work of death; how not to dream, at least, of a humanity without borders and finally able to spend on either national shabbily tasks, but global.

The spectacle that currently give the world is not made to reassure the friends of peace. Never, he has appeared more disunited and further from the union. Everywhere soaring nationalism, chauvinism, racism, fanaticism.

Everywhere reign supreme spirit of rivalry, the desire to dominate, the savagery of the so-called civilized.

Arm the mind of the child to his hand no longer has to be armed: this is a beautiful formula. Yes, remove, purge textbooks of all that can feed the fatal separatism; spare college sinister tale of battles; beware of them detailing the beauties of Napoleonic strategy, make them understand that a butcher on a throne is not least a butcher and the triumphal arches and columns Vendôme are only relics of barbarism close : introduce them to scientific discoveries and the progress of justice, more than deadly prowess; penetrate this notion that no war is beautiful, no victory is glorious - as the Te Deum sung mass graves, teach them from an early age that no people is only a another, that no race is superior to another, that no country did nobly in the driving time more than another; show them that it is not a national story is a tissue of cruelties and felonies; programs banish anything that can help bring in young minds a sense of national supremacy, a few field whatsoever; material, spiritual, moral.

A friend of mine, a professor of history, I once quoted, the word of a schoolboy who had just received his history book; "I received my war book". Well, we do not want the history books are books of war.

For me, being a pacifist, not necessarily be ready to sacrifice everything for peace, but still be able to sacrifice a lot of things and what we take.

It is stubbornly see in every war the gigantic judicial error that sums the capitals inflicted on so many innocent penalties; it is not to consent to gross simplifications and falsifications that broadcast propaganda to stir up hatred; is to refuse to shell rosary control slogans and set slander; it does not proclaim that we want peace when we made the game of fanaticism that make it impossible is relentlessly denounce the atrocity, the ignominy of the war but be careful not to attribute to one of the belligerents off series of atrocities; it refrain from side to denounce what is done or would also make the opposing side; is to condemn, in all camps; the up-boutismes and intransigence; is grieving time, for any reason whatsoever, we see a gun in the hands of a child; is to be obsessed by the ghosts of those who died for nothing; it is preferable that the reconciliation ahead of the mass graves; it's never being sure to have absolutely right when you subscribed to the death of others ...

A united world can only be built by men and women with the heart that pacifism that. "

Jean Rostand (1968)



Patrice Faubert (2012) pouète, peuète, puète, paraphysicien (http://patrice.faubert.over-blog.com/) Pat told the guest on "hiway.fr"

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